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jeudi 16 octobre 2014

L'ouverture du F-BPPA

L'ouverture du Guppy est toujours une opération délicate, et ce même si c'est dans un hangar fermé : la charnière est l'une des parties les plus fragiles de cet appareil comme les accidents d'arrachage de portes sont là pour nous le rappeler.

Depuis l'entrée du Guppy au sein du musée Aéroscopia, les Ailes Anciennes se préparaient à ouvrir le Guppy, ce qui sera sa posture finale au musée : dans la position de chargement, ce qui permettra d'installer une plateforme à bord et de transformer la "cathédrale" du Guppy en salle de cinéma…

Le Guppy est ouvert !


L'idée est belle sur le papier, mais comme toujours, on ne peut pas la réaliser aussi simplement que cela : le Guppy n'a pas été conçu pour rester ouvert de manière prolongée, et aucune ouverture complète de la porte n'a été réalisée depuis son retrait du service en 1996, il fallait donc à la fois vérifier que le F-BPPA était encore en état d'être ouvert, et prévoir de quoi le soutenir une fois ouvert pour limiter les efforts sur la charnière et empêcher tout basculement une fois dans le musée, ce qui serait "ballot" pour ne pas dire plus !

Un trou dans le plancher...


L'équipe du Guppy a commencé à répéter les manœuvres d'ouverture il y a déjà bien longtemps, en 2012 : mise sous tension, test du circuit hydraulique des papattes de stabilisation etc…il a fallut fabriquer une nouvelle barre de manœuvre et la rallonge électrique, qui permet l'alimentation des pompes lorsque le nez est ouvert, en s'aidant des plans et avec quelques conseils de l'équipe du Guppy de la NASA, faire fabriquer les corsets de trains pour immobiliser le train avant et éviter tout accident etc…

Les câbles de commandes sont débranchés...


Le 6 septembre dernier, nous étions à pied d'œuvre pour ouvrir l'appareil, bénéficiant en plus de la présence de Régis, un ancien du Guppy pour nous aider pour la partie "pratique", de la mise en pression des papattes et autres et nous aider à savoir ce qui était normal de ce qui ne l'était pas…

Guppy sous tension !


Tout s'est bien passé, nous suivions la checklist point par point, sans aucun soucis, hormis le grincage occasionnel des parties de l'appareil qui n'avait plus été sollicitées depuis 1996 ! J'avais par moment l'impression que le Guppy criait son désespoir tel un animal mortellement blessé…Nous arrivions sur la dernière partie de la checklist : la rétractation des dernières "pin" d'alignement…lorsque soudain, quelque chose à cassé sur le train avant, et le fluide hydraulique s'est mis à fuir de partout…le nez commençait à s'affaisser ! En catastrophe nous avons du le refermer…par chance, les broches étaient encore à moitié engagées, et nous avons du resserrer les écrous manuels à la force des bras pour "recoller" l'avant et l'arrière. L'ajout d'une chandelle sous le nez permettant ainsi de soulager la pression sur le train avant.

Le jeu trop important en haut nous a obligé à refermer le Guppy en urgence...


Passé ces émotions, nous avons pu réfléchir calmement à la suite des évènements : vu que l'hydraulique était cuite au niveau de la roue avant, il nous fallait un corset solide pour maintenir le train avant à la bonne hauteur, le corset qui nous avait été fabriqué par une autre société ne faisant pas l'affaire…heureusement les Ailes Anciennes Toulouse possèdent une équipe compétente en bricolage ingénieux et solide : ils ont passé deux journées complètes à usiner, avec parfois les moyens du bord, un nouveau corset qui durera sans doute plus longtemps que le train d'atterrissage autour !

Mise en place des cales de trains principaux...plutôt malfoutus...


Une fois ce nouveau corset prêt, nous pouvions retenter l'ouverture : l'acte 2 sera le bon, et la date retenue sera le mardi 14 octobre. Cette fois nous avions deux anciens du Guppy : Régis et Daniel, Daniel étant celui qui a écrit le (seul) livre sur les Guppy et également celui qui était mécanicien navigant lors du dernier vol du F-BPPA en 1996 ! Bref, nous étions bien entourés, et rien ne pouvait échouer ! Du moins j'espérais que ce vieux tas de ferraille que j'affectionne tant n'allait pas nous claquer entre les doigts !

Paré à la manœuvre !


Les opérations ont débutées vers 17h, histoire de mettre toutes les sécurités de trains en place et vérifier que tout était solidement fixé. Pour cela il fallait regonfler les amortisseurs pour poser les sécurités avant de les dégonfler pour mettre les corsets en place. Problème inattendu, une fois gonflé, nous avons coincé un des amortisseurs : impossible de le dégonfler ! Heureusement ce n'est pas dramatique : grâce aux vérins de stabilisation le Guppy ne bougera pas, même si le train principal se dégonfle. Le nouveau corset made in AATLSE a été installé sur le train avant sans encombre, et la solidité de sa construction est bien apparente !

Mise en place du corset made in AATLSE

Une fois tout cela mis en place, il a fallut reprendre l'équilibrage de l'appareil : revérifier la hauteur et la pression sur les trois papattes; il faut en effet que l'appareil soit droit pour pouvoir l'ouvrir, le problème étant que dès que l'on modifie un réglage, il influe sur tous les autres. Pour ces opérations, nous n'avons même pas utilisé la pompe électrique, mais uniquement la pompe à main pour mieux "sentir" les clapets de surpression.

Je vous montre la "vraie" taille du Guppy...

Nous avons ensuite pu déboulonner les broches à serrage manuel en ne laissant que celle du bas en position, avant d'effectuer un ultime réglage des papattes. C'est là que les choses ont commencées à se corser : mis sous tension, un câble de maintien en acier, qui permet de relever les stabilisateurs, à lâché sans aucun avertissement, heureusement sans blesser personne, et peu de temps après, du fluide hydraulique à commencer à couler abondamment du haut d'un des deux vérins avant : il fallait faire vite : une fois la réserve hydraulique de ce circuit épuisée, il deviendrait impossible de le manœuvrer.

Le nez arrive dans sa position finale


Nous avons donc tous agi rapidement pour mettre les vérins dans leurs positions définitives, avec un dernier coup de pression sur le vérin arrière pour lever légèrement l'arrière de l'appareil, et nous étions presque prêt à ouvrir. Il ne restait qu'à dévisser la dernière broche inférieure et rentrer les broches manuelles, et vérifier que l'outrigger, le moteur permettant l'ouverture du nez, était bien sorti.

Vue sur la charnière ouverte

Et vue de l'intérieur : les câbles et tuyauteries qui passent au niveau de la zone de la charnière...


Arrivé à ce stade, les parties avant et arrière de l'appareil ne sont plus reliées que par la charnière, il ne reste qu'à ouvrir. C'est Daniel, ancien mécano nav qu'est revenu l'honneur de la manœuvre : la nouvelle barre de commande fonctionnait à merveille, et l'ouverture à proprement parlé n'a duré qu'une trentaine de seconde tout au plus. Le nez à été ouvert à environ 100° d'ouverture, sa position définitive, avant de l'immobiliser et de caler la roue avant.


On peut voir jusqu'au fond de la soute !

Mission accomplie : nous avons pu enfin admirer la soute du Guppy ouverte, un spectacle assez impressionnant pour ceux qui ne l'avait encore jamais vu comme moi, ou alors très émouvant pour ceux dont c'était le métier il y a 20 ans ! On se rend vraiment compte de l'immensité de la soute, et de sa profondeur ! L'occasion de prendre de nombreuses photos de détails et sous toutes les coutures ! Il fallait ensuite tout fermer et nettoyer un peu : nous avions répandu de l'hydraulique un peu partout sur le sol là où la roue avant était passée…

Vue sur la soute ouverte, avec la trace de la roue avant au sol...
Je suis remonté une dernière fois dans le cockpit, histoire de dire au revoir : une fois définitivement installé, toute la pointe avant sera condamnée, il fallait donc que j'en profite. J'en ai profité pour fermer hublots et portes histoires de ne pas trop laisser la poussière des travaux s'infiltrer à bord !

Le nez est ouvert !
Une fois que cela était terminé, il fallait sortir et refermer le Guppy, qui est un pas plus loin sur sa préservation au sein d'un grand musée. Il ne reste plus qu'à aménager l'intérieur, toute un challenge au vu du nombre d'interlocuteurs qu'il faut mettre d'accord,, et surtout ceux avec qui il faut se battre pour leur faire comprendre que non, on ne peut pas percer un avion comme on veut : encore tout un programme en perspective !

lundi 31 mars 2014

Le F-BPPA entre enfin au musée

Vendredi dernier, 28 mars, journée très chargée pour les bénévoles des Ailes Anciennes Toulouse : au programme déménagement du Super-Guppy F-BPPA depuis son emplacement de parking chez Airbus jusque dans le hall du musée Aéroscopia.

18 ans après son dernier vol, le F-BPPA entre enfin au musée !


Ces dernières semaines ont vu les "gros" avions arriver dans le musée. Le 14 mars c'était le Concorde F-WTSB qui inaugurait la traversée de la route Roger Béteille pour entrer dans la halle, et le 21 mars, l'A300B lui emboîtait le pas, et il restait pour cette semaine le plus large de tous : le Super-Guppy !

Ce vendredi 28 mars, réveil aux aurores pour être à 7h du matin sur le parking des Ailes Anciennes, pour un dernier briefing, avant de partir à pied, direction l'usine Jean-Luc Lagardère, là où est assemblé l'A380, et maison temporaire du Guppy. Le temps d'obtenir les badges pour accéder au site, et de continuer à pied jusqu'au Guppy, il était 7h30. Nous avions déjà été devancé par le reste de l'équipe, venu avec la camionette qui transportait du matériel et les photographes, sans oublier le vénérable Deutz, toujours aussi vaillant, pour tracter le Guppy.

En route vers le Guppy !

Avec tous ces déplacements depuis quelques mois, la manœuvre est bien rodée pour transporter le monstre : ouverture, mise en pression du système de freinage de secours à l'aide de la pompe à main pour pouvoir freiner en cas de besoin, vérification des pneus (qui sont carrés depuis le temps...mais qu'importe...), déconnexion de la biellette de direction des roues avant pour ne pas abîmer le train etc...

Biellette retirée, on peut y aller !


Pendant ce temps là, une autre partie de l'équipe préparait la Caravelle qui bloquait le passage...

Il était 7h50 lorsque nous avons fermé la porte d'accès et que le Deutz piloté par Sylvain est venu s'arrimer. Pour ma part, j'avais gagné un ticket de copilote sur ce dernier "vol". Ma mission étant de garder les pieds sur les freins..au cas où.

Caravelle en mouvement...

Le convoi a ensuite remonté l'usine avant d'arriver devant la clôture séparant l'usine de l'avenue Roger Béteille qui avait été démontée pour la circonstance. Des plaques de tôles étant posées à même le sol pour nous permettre de passer sans encombre. Nous avons du patienter un petit moment car la route n'était pas prête : nous étions en avance sur l'horaire, notre passage étant prévu à 9h...mais il n'était que 8h40. Garé devant l'usine Lagardère, la façade réfléchissait le Guppy de manière très esthétique !

Réflexion du Guppy sur la façade de l'usine...
Il était 9h passé lorsque nous avons repris la manœuvre. Devant la difficulté du passage, il a été décidé de le faire en marche arrière...poussé par le Deutz, manœuvre plus simple. Avec une vitesse très faible, et aidé par de nombreux bénévoles pour surveiller les roues et les ailes, vérifiant que tout passait bien, nous avons franchi la rue au premier essai et sans aucun problème !

évidemment, dès que ce n'est plus Concorde, il n'y a plus que les passionnés !


Nous somme restés là quelques instants pour permettre aux quelques spotteurs venus voir le Guppy de prendre quelques photos et vidéos. Il faut dire qu'il n'y avait pas foule (le Guppy n'est pas Concorde...ça se sent) mais les gens venus ce matin là était motivés !

Pas de rétroviseur...de toute façon il n'y aurait pas de visibilité vu la taille du fuselage !


Mais le chemin n'était pas terminé : après avoir traversé l'avenue, il fallait encore rejoindre le musée en contournant la ferme de Pinot. Heureusement, le chemin était balisé au sol, il n'y avait qu'à suivre...mais en restant vigilant tout de même ! Le Guppy à ainsi suivi un chemin en "S" qui l'a amené devant le musée.

Une fois devant le musée, nous avons tout stoppé, et l'équipage du "dernier vol" a été accueilli au pied du Guppy pour les premières impressions à chaud...j'ai un peu bafouillé sous le coup de l'émotion...mais j'espère que c'était compréhensible...

Les "derniers pilotes" du Guppy en pleine interview (merci à notre inestimable Bastien d'avoir été là pour prendre cette surperbe photographie de Philippe et moi-même)

C'était ensuite le temps des retrouvailles...retrouvailles entre le Guppy et les anciens navigants : plus d'une vingtaine d'anciens mécaniciens, pilote et mécano-nav ayant volés sur Guppy avait fait le déplacement pour se retrouver. J'en connaissais certains de nom pour avoir vu leur signature dans la documentation...ou les avoir vu en vidéo sur des films d'archives ! L'occasion était trop belle, j'en ai donc profité pour les assaillir de questions (peut-être un peu trop d'ailleurs)...mais j'ai appris des choses intéressantes que je ne manquerai pas de partager sur ce blog dès que le temps me le permettra !

Portrait de groupe pour les "anciens" du Guppy

Mais l'heure tournait...il restait encore un dernier voyage à faire pour rentrer le Guppy à l'intérieur du musée. Cette partie était la plus critique : peu de marge de manœuvre, un A300B devant...mais heureusement, tout s'est très bien passé, là aussi du premier coup, sans aucun problème !

Vue de la manœuvre depuis le cockpit....a vitesse x8 !

Passera...passera pas ?? Passera bien sûr !

Nous avons ensuite fermé l'avion, avant de prendre quelques photos, mais le pari de la journée était relevé : faire entrer le Guppy dans sa nouvelle maison sans casse !

Le Guppy enfin dans le musée !

Il restera à le mettre en position et à ouvrir le nez, mais à chaque jour suffit sa peine ! En attendant nous avions droit à un apéritif bien mérité avec l'équipe et les anciens navigants pour marquer le coup !

à l'abri !

lundi 13 mai 2013

Peinture...et tapis volant

Grosse activité sur le Super-Guppy n°2, le F-BPPA la semaine dernière : au programme la suite de la peinture. Après une première séance consacrée au bleu, c'était au tour du fuselage d'être repeint en gris.

Le gris est de nouveau brillant !

Le F-BPPA, amarré à côté de la Caravelle des Ailes Anciennes Toulouse depuis sa sortie de l'atelier peinture le 2 mars, est entré au hangar L35 le 3 mai dans l'après-midi. Cette deuxième séance avait pour but de peindre l'intégralité du fuselage en gris après décapage.

Je tente (vainement) de partir tout seul avec le Super-Guppy...
L'ensemble de l'opération a pris un peu moins de quatre jours, et à mobilisé toute une équipe de la société STTS, spécialisé dans la peinture des aéronefs, même si ils n'ont pas vraiment l'habitude de voir un appareil de cette taille !

Le fuselage à d'abord été décapé, avant d'appliquer deux couches de peinture : un primer de protection, une couche de gris, sur laquelle on ajoute ensuite une couche de vernis qui permet de protéger l'ensemble.

A noter que le Guppy n'a jamais été peint durant sa vie (hormis les bandes de couleur Airbus Skylink). Le fuselage restait en aluminium naturel, qui devait être poli à peu près une fois par an pour garder son aspect argenté.

L'accès à l'appareil est facilité par des nacelles mobiles fixées au plafond, surnommées "tapis volant"

Il fallait venir rechercher l'engin le 7 au soir, l'occasion de prendre de nombreuses photos de notre Guppy étincelant. Nous sommes arrivés avec une équipe d'une douzaine de personne sur place au L35 vers 18h30. Après quelques photos, il fallait venir tracter le Guppy hors du hangar. Pour cela, l'équipe des Ailes Anciennes dispose d'un monstre : un tracteur de piste Deutz. Équipé d'un monstrueux V12, et sans aucune suspension, cet appareil a tracté A300, Concorde et Guppy sans faiblir depuis de nombreuses années...

Le Guppy, vu depuis le haut du hangar...un point de vue inhabituel !

Juste avant de sortir l'appareil du hangar, nous avons eu une opportunité unique : celle de monter à bord d'un "tapis volant" (une nacelle du hangar) pour une séance photo de notre Guppy. Une fois grimpé dans la nacelle, nous voilà parti pour un voyage à 40 mètres d'altitude, en nous déplaçant d'avant en arrière tout autour de la bête, l'occasion de capturer des détails avec un point de vue inédit, ce dont j'ai bien profité !

Vue du "toit" du Guppy, avec le feu de signalisation et l'antenne VHF, à peine visible du sol en temps normal
détails de la charnière de liaison à la Sta 300
Ma favorite : une vue du nez sous un angle totalement inédit !

Après ce grand tour, il était temps de partir. Une fois le collier de remorquage en place, avec la barre bien arrimée au "Deutz", et après avoir chargé le circuit hydraulique de freinage du Guppy grâce à la pompe à main et à l'accumulateur d'urgence pour lui permettre de freiner si besoin, nous étions prêts au départ ! Un dernier contact radio avec la tour pour vérifier que le taxiway était dégagé, et l'ordre est donné : sortez l'appareil ! 

Paré à tracter !


Le Guppy est donc sorti en marche arrière du hangar, avant d'être remis dans le sens de la marche pour remonter le long des taxiway à petite vitesse, histoire de ne pas forcer sur l'appareil.

Petite pause sur la route...je pose fièrement devant le F-BPPA !


Nous avons profité du virage suivant pour prendre quelques photos du Guppy devant sa prochaine maison : le musée Aéroscopia, qui commence à bien prendre forme. La structure est complète, et commence à se couvrir...le Guppy devrait y entrer au cours de l'été

Le Guppy passe devant sa futur maison : le musée Aéroscopia
Après ce virage devant Aéroscopia, le Guppy remonte le long de l'usine d'assemblage A380, toujours à petite vitesse, pour aller sur l'une des aires de parking située côté nord-ouest du complexe.

Passage le long de l'usine d'assemblage A380

Après un dernier virage, le "Deutz" aligne le F-BPPA sur une aire d'essai d'ordinaire réservée aux A380, c'est ici que le Guppy va passer quelques jours en attendant de repartir au L35 pour la suite ! Au programme : peinture des ailes et des bandes de couleurs !

Nouveau parking temporaire sur la FAL Jean Luc Lagardère


Bref, une soirée bien remplie !

En bonus, un petit montage vidéo :


lundi 6 mai 2013

Béluga XL

La rumeur se fait de plus précise depuis le début de l'année 2013 : Airbus cherche un successeur au Béluga !

5 avions...sur lesquels repose toute la production d'Airbus !


C'est un fait : le F-GSTA, premier Béluga, à déjà 20 ans, et commence à vieillir. De plus, lui et ses quatre petits frères volent plus que prévu : Conçu pour voler 2500 heures par an, ce chiffre à été porté à 5000 cette année…et pourrait monter à 10 000 heures par an d'ici 2017 ! Entre l'A320, l'A330, l'A400M..et surtout l'A350 qui se dessine à l'horizon, les cinq appareils ne vont pas chômer. N'oublions pas que l'A300 n'est plus fabriqué, et que le problème de l'obsolescence des pièces d'A300 va rapidement devenir un problème dans les 10 ans à venir.

Actuellement, les 5 béluga font 60 vols par semaine (sur 5 jours, 6 exceptionnellement)…et Airbus planche sur 120 vols par semaine de 6 jours à l'avenir…le tout avec une date de retrait de service estimée à 2025. Trouver un remplaçant avant, à même d'être opérationnel vers 2020 serait la solution la plus sûr pour parer à toute éventualité (fatigue de la structure…ou accident).

Une aile d'A350 arrivée à bon port...actuellement le Béluga ne peut en transporter qu'une seule à la fois.(Airbus)


Le remplacement des Béluga (modèle A300B4-608ST) est régulièrement évoqué depuis plusieurs années, mais rien n'avait encore été évoqué. Les choses se sont précisés le 31 janvier dernier, ou le patron d'Airbus, Fabrice Brégier, a évoqué lors d'un entretien la volonté d'Airbus de trouver un remplaçant au Béluga, en favorisant une solution "maison", c'est-à-dire basé sur un appareil existant de la gamme. Le PDG d'Airbus à également évoqué le cas de la nouvelle ligne d'assemblage du groupe aux Etats-Unis qui est en train de voir le jour pour expliquer l'importance d'un nouvel appareil.

Airbus possède donc l'embarras du choix pour un nouvel avion : A330, A340, A350 ou A380. En réalité, l'A350 est trop nouveau et pas encore maîtrisé pour se prêter à une conversion, et l'A380 est exclus car son pont intermédiaire est structurellement indispensable à la solidité de l'appareil. Reste donc le 340 et le 330. Si l'on prend en compte que le 340 est plutôt en fin de vie, il est plus intéressant de partir sur le 330, bien maîtrisé, mais qui dispose encore de beaux jours devant lui ! Il reste donc deux plateformes : l'A330-200 et l'A330-300. Airbus semble se diriger vers le -200 pour la conversion en Béluga.

vue d'artiste de l'A330-200 BXL (Airbus)


Cette nouvelle version devrait s'appeler l'A330-200 Beluga XL ou A330-BXL. Le choix du -200 au profit du -300 pourtant plus gros est en fait une contrainte aéroportuaire : le -300 ne pourrait pas se poser sur certains sites ayant des pistes trop courtes.

Côté technique : peu de changements par rapport à la configuration du Béluga actuel : abaissement du cockpit, présence d'une double dérive de stabilisation à l'arrière, ouverture du nez vers le haut. Les ailes et le  bas du fuselage de l'A330 ne sont pas modifiés. Ce nouveau béluga serait en revanche plus large et plus long que son prédecesseur (on parle de 8 mètres de diamètre au lieu de 7,6, et une longueur de 4,8 mètres de plus par rapport à l'A300-600 ST). Sa charge utile serait à peu près la même, mais son rayon d'action plus grand.

vue d'artiste de l'A330-200 BXL (Airbus)


Le calendrier préliminaire pourrait être le suivant : le lancement du programme interviendrait avant la fin de l'année 2014, avec un début d'assemblage en 2017, un premier vol en 2019 pour une mise en service en 2020. Le nombre d'appareils envisagés n'a pas encore été précisé, mais pourrait être de six appareils (hypothèse personnelle).

Que de chemin parcouru depuis les premiers balbutiements du "Pregnant Guppy"…et la route n'est pas terminée !

mardi 12 mars 2013

Peinture et éboulement de documentation


Petite visite de courtoisie au F-BPPA le weekend dernier, qui est actuellement garé/coincé en zone Airbus sur le site de la FAL (Final Assembly Line, ligne d'assemblage finale) de l'A380 (aussi dit FAL Jean-Luc Lagardère).

Le F-BPPA prenant le soleil


Les visites ne sont pas simples : il faut d'abord être déclaré à la sécurité du site, montrer patte blanche et ensuite se faire escorter. On ne peut en effet pas circuler librement sur le site, il faut obligatoirement être escorté (imaginez que l'envie me prenne soudainement d'aller voir de plus près comment on construit un A380 et que j'abîme quelques chose…)

Le F-BPPA connait une vie très active ces derniers temps. Il y a quinze jours, il a fait un petit voyage de son emplacement actuel vers un hangar de peinture de la société STTS, pour repeindre la bande bleue ainsi que les marquages "Airbus Skylink" et le numéro 2, suivant le plan de peinture "arc en ciel" d'Airbus. D'autres voyages sont prévus pour continuer ce travail.

Guppy sous cocon (photo Ailes Anciennes Toulouse)

Le but de la visite de ce we était de retrouver de la documentation concernant l'ouverture de l'appareil en vue de la préparation de son installation au musée, et là première découverte : suite aux voyages récents du Guppy, l'armoire sur laquelle j'avais patiemment rangé toute la documentation….s'est effondrée…

La documentation du Guppy telle que je l'avais laissée en septembre dernier...

Je sais que je l'avais bien chargée, mais tout de même ! Après analyse, tous les pieds situés d'un côté ont cédé, entrainement un éboulement de plans dans la soute.

Et le résultat samedi dernier...oups...

Défaillance structurale majeure...


La journée à donc consisté en partie a relever toute la documentation…et à la stocker par terre…vu que les étagères sont fichues et que le Guppy va sans doute être amené à faire d'autres petits trajets au cours des semaines à venir…mieux vaut prévenir que guérir ! 

Nouveau rangement temporaire...


Il faut encore repeindre les trois dernières bandes de couleurs, et en dernier peindre l'appareil en gris pour le protéger avant son installation à Aéroscopia, ce qui devrait intervenir cet été.

Guppy au soleil...


Mais rien qu'avec le bleu de refait, l'appareil a déjà bien meilleure allure !